Bac de rétention phytosanitaire et agricole : phytos, GNR, huiles
Produits phytopharmaceutiques, gazole non routier, huiles des tracteurs et des machines, engrais liquides : une exploitation stocke des liquides variés, souvent à proximité de l'eau. Le local ou l'armoire phyto, la cuve de carburant et l'atelier sont les trois points à équiper.
Le stockage des produits phytosanitaires
Le guide du ministère de l'Agriculture et de la MSA consacré au local phyto (2009) traduit les obligations générales en recommandations concrètes : sol imperméable en cuvette de rétention, étagères formant rétention, et une cuvette individuelle pour chaque contenant étiqueté « corrosif » afin de séparer les produits incompatibles. Il rappelle aussi que les produits les plus dangereux doivent être stockés dans un local ou une armoire fermés à clé.
Ces recommandations s'appuient sur l'interdiction de laisser des substances nuisibles s'écouler dans les eaux (Code de l'environnement, art. L. 216-6) et sur l'obligation pour l'employeur d'organiser un stockage sûr des produits chimiques et d'isoler les incompatibles (Code du travail, art. R. 4412-11 et R. 4412-17). Le guide date de 2009 : certaines références réglementaires qu'il cite ont pu évoluer depuis.
Gazole non routier et fioul
Les stockages de gazole et de fioul ne relèvent des installations classées (rubrique 4734) qu'à partir de 50 tonnes, ce qui est rarement le cas sur une exploitation. L'arrêté du 1er juillet 2004 fixe les règles applicables aux stockages de produits pétroliers situés hors installations classées et hors établissements recevant du public : un réservoir aérien extérieur doit avoir soit une enveloppe secondaire étanche avec détection de fuite, soit une cuvette de rétention d'au moins 100 % du plus grand réservoir ou 50 % de la capacité globale (art. 12). Vérifiez l'application de ce texte à votre installation avec votre conseiller.
Comment dimensionner la rétention
La règle générale (arrêté du 4 octobre 2010, art. 25, reprise par les arrêtés de prescriptions générales des installations classées) : la capacité de rétention est au moins égale à la plus grande de ces deux valeurs — 100 % du plus grand récipient ou 50 % du volume total. Le texte prévoit aussi une règle propre aux récipients de 250 L ou moins (fûts, bidons) : 20 % du volume total (50 % pour les liquides inflammables), avec un minimum de 800 L, ou le volume total s'il est inférieur.
Quand tous les récipients font 250 L ou moins, les deux règles s'appliquent et peuvent donner des volumes différents : faute de doctrine administrative qui tranche, nous recommandons la plus stricte. Notre calculateur de capacité de rétention affiche les deux, à titre indicatif.
Entretenir la rétention
Pour les sites à autorisation, l'article 25 de l'arrêté du 4 octobre 2010 demande une rétention étanche et résistante aux produits qu'elle peut recevoir, un dispositif de vidange maintenu fermé et, à l'extérieur, une vidange des eaux de pluie aussi souvent que nécessaire ; ailleurs, ce sont de bonnes pratiques. Gardez la cuvette libre (ni eau, ni déchets, ni contenants vides) et remplacez un bac fissuré ou corrodé.
Exemples de dimensionnement sur une exploitation
Un IBC de 1 000 L d'engrais liquide seul : une rétention d'au moins 1 000 L. Deux IBC de 1 000 L sur la même rétention : 1 000 L suffisent selon la règle générale (100 % du plus grand, égal à 50 % de 2 000 L), à condition que les deux produits soient compatibles.
Dans le local phyto, une dizaine de bidons de 5 à 20 L : appliquez la règle des petits récipients et organisez le rangement en étagères de rétention, avec des bacs séparés pour les familles incompatibles et pour les produits corrosifs.
Quel matériel pour une exploitation
Selon vos produits :
- Armoire phytosanitaire avec étagères de rétention pour les produits en bidons, ou bacs d'étagère dans le local phyto.
- Bacs séparés pour les produits incompatibles (corrosifs, comburants) : une rétention par famille.
- Bacs pour fûts de 200 L ou pour IBC de 1 000 L pour les huiles, les engrais liquides et les produits en grand contenant.
- Acier pour les produits inflammables : vérifiez les mentions H224, H225 ou H226 sur la fiche de données de sécurité.
- Kit absorbant près de l'aire de préparation et de remplissage.
Questions fréquentes
Une armoire phytosanitaire est-elle obligatoire ?
Aucun texte que nous avons identifié n'impose une armoire en tant que telle. Le guide officiel recommande un local ou une armoire fermés à clé, avec des étagères formant rétention et un sol en cuvette. L'armoire est la solution la plus simple quand les volumes sont faibles.
Peut-on mettre tous les produits phyto sur la même rétention ?
Non : les produits incompatibles ne doivent pas partager une même rétention, et le guide recommande une cuvette individuelle pour les produits corrosifs.
Ma cuve de GNR doit-elle être sur rétention ?
Pour un réservoir aérien extérieur hors installation classée, l'arrêté du 1er juillet 2004 prévoit une enveloppe secondaire avec détection de fuite ou une cuvette de rétention (100 % du plus grand réservoir ou 50 % de la capacité globale). Faites vérifier l'application à votre installation.
Un bac en polyéthylène convient-il aux produits phyto ?
Oui pour les produits non inflammables, sous réserve de la compatibilité chimique indiquée par le fabricant. Pour un produit inflammable, préférez l'acier.
Sources
- Ministère de l'Agriculture / MSA — guide « Phytos, désinfectants : stockez vos produits en bon professionnel » (2009)
- Code de l'environnement, art. L. 216-6 (AIDA – INERIS)
- Code du travail, art. R. 4412-11
- Code du travail, art. R. 4412-17
- Rubrique ICPE 4734 — produits pétroliers (AIDA – INERIS)
- Arrêté du 1er juillet 2004 (produits pétroliers hors ICPE et ERP), art. 12 (Légifrance)
- Arrêté du 4 octobre 2010, art. 25 (AIDA – INERIS)
Informations générales, à jour à la date de publication ; elles ne remplacent pas l'avis de votre organisme de contrôle ou de l'inspection des installations classées pour votre site.