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Bac Rétention

Armoire de sécurité pour liquides inflammables : norme NF EN 14470-1, REI 120 et rétention

Textes vérifiés le 15 octobre 2026

Solvants, diluants, alcools, carburants en bidons : l'armoire de sécurité permet de ranger des liquides inflammables à l'intérieur d'un bâtiment, avec une résistance au feu testée et une rétention pour les fuites. Encore faut-il savoir ce que recouvre la norme NF EN 14470-1, ce qu'elle ne garantit pas, et ce que les arrêtés des installations classées exigent quand ils autorisent un stockage en armoire. Ce guide vous aide à lire une fiche produit, à dimensionner la rétention et à poser les bonnes questions au fournisseur.

NF EN 14470-1 : une norme d'application volontaire

La norme NF EN 14470-1 porte sur les armoires de stockage de sécurité pour liquides inflammables. Sa version actuelle, publiée en juillet 2023, remplace celle de 2004. Comme la grande majorité des normes, elle est d'application volontaire : le décret n° 2009-697 relatif à la normalisation (art. 17) pose ce principe, sauf lorsqu'un arrêté ministériel rend une norme obligatoire.

Aucun des textes réglementaires que nous avons analysés (arrêtés des installations classées, Code du travail) n'impose une armoire certifiée NF EN 14470-1. La norme reste un repère utile pour l'acheteur, mais elle ne répond pas à elle seule à une exigence réglementaire précise, comme le montre le cas de l'armoire REI 120 traité plus bas.

La norme classe les armoires selon leur résistance au feu. Nous n'avons pas pu vérifier le détail de ces classes sur le texte de la norme : nous ne le reproduisons donc pas ici. La classe d'un modèle figure sur son certificat d'essai, que le fabricant doit pouvoir vous transmettre. Dans le commerce, les armoires pour inflammables sont souvent présentées comme « type 90 » ou « coupe-feu 90 minutes » : seule la lecture du certificat permet de confirmer cette mention pour le modèle que vous achetez.

Liquides inflammables en contenants fusibles : ce que restreint l'arrêté de 2008

Certains arrêtés des installations classées restreignent le stockage de liquides inflammables en contenants fusibles, c'est-à-dire des contenants dont l'enveloppe fond à basse température (en dessous de 330 °C), ce qui vise en pratique la plupart des bidons et fûts en plastique, à confirmer produit par produit. Pour les installations soumises à déclaration (rubriques 1436, 4330, 4331, 4722, 4734…), le point 5.3.1 de l'arrêté du 22 décembre 2008 interdit ainsi progressivement :

  • les liquides de mention de danger H224 en contenants fusibles au-delà de 30 L, depuis le 1er janvier 2024 ;
  • à compter du 1er janvier 2027, en bâtiment, les liquides de mention H225 non miscibles à l'eau au-delà de 30 L et miscibles au-delà de 230 L.

La dérogation pour stockage en armoire et ses trois conditions

Le point 5.3.1 de l'arrêté du 22 décembre 2008 admet une exception pour un stockage de 2 m³ au plus « dans une armoire de stockage dédiée, sous réserve que cette armoire soit REI 120, qu'elle soit pourvue d'une rétention dont le volume est au moins égal à la capacité totale des récipients, et qu'elle soit équipée d'une détection de fuite ». L'arrêté du 11 avril 2017 relatif aux entrepôts couverts (rubrique 1510) prévoit une exception de même nature.

Les trois conditions sont cumulatives : un classement de résistance au feu REI 120, une rétention au moins égale à 100 % du volume des récipients et une détection de fuite. Or une armoire présentée comme « type 90 » selon la norme NF EN 14470-1 n'est pas automatiquement REI 120 : les deux mentions ne relèvent pas du même référentiel, l'arrêté exigeant un classement REI 120 et la norme produit attribuant sa propre classe. N'en tirez aucune conclusion sans un document du fabricant qui mentionne explicitement le classement REI 120 du modèle.

Nous n'annonçons un classement REI 120 que sur certificat du fabricant. Si votre site est classé et que vous comptez sur cette dérogation, faites valider le choix de l'armoire par l'inspection des installations classées ou par votre organisme de contrôle avant la commande.

Quelle rétention dans l'armoire ?

Dans le cadre de la dérogation, la rétention de l'armoire doit au moins égaler la capacité totale des récipients qu'elle contient. Ce n'est pas la règle de 100 % du plus grand récipient : une armoire qui contient dix bidons de 10 L doit pouvoir retenir 100 L, et non 10 L.

Hors dérogation, l'article 25 de l'arrêté du 4 octobre 2010 prévoit deux règles. La règle générale retient la plus grande de deux valeurs : 100 % du plus grand récipient ou 50 % du volume total. La règle propre aux récipients mobiles de 250 L ou moins exige 50 % du volume total pour les liquides inflammables (20 % pour les autres liquides), avec un minimum de 800 L, ou la totalité du volume lorsqu'il est inférieur à 800 L. Pour une armoire, presque toujours en dessous de 800 L, la seconde règle conduit à 100 % du volume stocké, alors que la première se contente de 50 %.

Exemple : 20 bidons de 5 L de solvant, soit 100 L. Règle générale : 50 L. Règle des petits récipients : 50 % de 100 L donnent 50 L, mais le plancher impose la totalité, 100 L. Nous n'avons trouvé aucune doctrine administrative qui précise laquelle des deux règles prime. Nous vous recommandons de retenir la plus stricte, ici 100 L, ce qui rejoint l'exigence de la dérogation. Sur un site classé, faites confirmer ce dimensionnement. Le calculateur /calculateur-capacite-retention vous permet de vérifier un cas précis.

La rétention doit aussi être compatible avec les produits : l'article 25 demande qu'elle soit étanche aux produits qu'elle peut recevoir et qu'elle résiste à leur action physico-chimique. Sur les sites classés pour les liquides inflammables, les parois des rétentions doivent en outre être incombustibles (arrêté du 22 décembre 2008, point 2.7.3 ; arrêté du 1er juin 2015, art. 22 ; arrêté du 24 septembre 2020, art. III.11 et III.12). Nous en déduisons qu'un bac en polyéthylène ne convient pas comme rétention de ces stockages.

La détection de fuite

La dérogation exige que l'armoire soit « équipée d'une détection de fuite ». Les extraits des arrêtés que nous avons analysés ne précisent pas le dispositif attendu. Demandez donc au fournisseur comment le modèle détecte une fuite dans sa rétention, si le dispositif est intégré ou proposé en option, et comment il signale l'alarme. Dans les autres textes analysés, nous n'avons trouvé la détection de fuite exigée pour une armoire que dans le cadre de cette dérogation.

Au laboratoire : les recommandations de l'INRS

Pour les laboratoires, la brochure INRS ED 6015 recommande d'organiser la rétention par catégorie de produits, d'en prévoir une par étagère lorsqu'une même catégorie occupe plusieurs niveaux, et de placer le local de stockage lui-même en rétention générale. Ces recommandations ne sont pas réglementaires, mais elles mettent en pratique l'obligation de l'employeur d'organiser un stockage sûr des agents chimiques dangereux (Code du travail, art. R. 4412-11, 7°) et d'isoler les agents chimiques incompatibles (art. R. 4412-17).

Appliquée à l'armoire de sécurité, cette logique conduit à réserver l'armoire aux solvants et autres liquides inflammables, à ne pas y introduire de produits incompatibles avec eux (les comburants notamment), et à vérifier que chaque étagère ou le bac de fond forme une rétention adaptée aux flacons qu'il porte. Les acides et les bases se rangent dans des rétentions séparées, souvent en polyéthylène selon la compatibilité déclarée par le fabricant.

Ce qu'il faut demander au fournisseur

Une fiche produit qui affiche « EN 14470-1 » ou « type 90 » reste une déclaration commerciale tant que vous n'avez pas vu les documents. Méfiez-vous aussi des promesses de conformité générale : la conformité d'un stockage dépend du site, des produits, des volumes et de l'entretien, pas seulement de l'armoire. Avant de commander, demandez par écrit :

  • le certificat d'essai NF EN 14470-1 du modèle exact, avec la version de la norme (2023 ou 2004) et la classe de résistance au feu obtenue ;
  • la date de délivrance du certificat et, le cas échéant, sa date de fin de validité : un certificat expiré ne prouve plus rien pour un modèle vendu aujourd'hui ;
  • si vous visez la dérogation des arrêtés de 2008 ou de 2017, un document qui mentionne explicitement le classement REI 120 de l'armoire, distinct de la classe EN 14470-1 ;
  • le volume de rétention utile, en litres, du bac de fond et des étagères, à comparer à la capacité totale des récipients que vous rangerez ;
  • la présence d'une détection de fuite, intégrée ou en option, et son mode de signalement ;
  • la compatibilité chimique déclarée par le fabricant entre la rétention et vos produits ;
  • les conditions de livraison et de mise en place : accès, poids, manutention jusqu'à l'emplacement prévu.

Budget : les prix relevés

À titre de repère, les armoires vendues comme EN 14470-1 « type 90 » coûtent entre 2 298 € et 3 150 € HT pour un modèle à une porte (médiane : environ 2 735 € HT), et entre 2 998 € et 3 900 € HT pour un modèle à deux portes (médiane : environ 3 557 € HT). Prix relevés en octobre 2026 sur des sites de vente en ligne, port inclus ou en sus selon le vendeur. L'écart entre vendeurs est faible : la différence se joue surtout sur le délai, le conseil et les documents fournis.

Pour un devis, indiquez vos produits et leurs mentions de danger, le nombre et le volume des contenants, et si votre site relève des installations classées. Nous vérifions avec vous le volume de rétention et les certificats disponibles avant toute proposition. Notre sélection d'armoires est présentée sur /armoires/inflammables.

Questions fréquentes

La norme NF EN 14470-1 est-elle obligatoire ?

Non. Les normes sont d'application volontaire sauf arrêté ministériel contraire (décret n° 2009-697, art. 17), et aucun des textes réglementaires que nous avons analysés n'impose une armoire certifiée NF EN 14470-1. La norme reste un repère de qualité, à vérifier sur le certificat du modèle.

Une armoire « type 90 » est-elle REI 120 ?

Pas automatiquement. La classe EN 14470-1 et le classement REI 120 exigé par l'arrêté du 22 décembre 2008 (point 5.3.1) relèvent de référentiels différents. Seul un document du fabricant mentionnant explicitement le classement REI 120 du modèle permet de l'affirmer.

Quel volume de rétention pour une armoire de sécurité ?

Pour la dérogation de l'arrêté du 22 décembre 2008, au moins la capacité totale des récipients. Hors dérogation, appliquez les deux règles de l'article 25 de l'arrêté du 4 octobre 2010 et retenez la plus stricte : pour moins de 800 L stockés en petits contenants, cela revient aussi à la capacité totale.

Peut-on ranger d'autres produits chimiques dans une armoire pour inflammables ?

Seulement des produits compatibles avec les liquides inflammables qu'elle contient. Les produits incompatibles doivent être isolés (Code du travail, art. R. 4412-17) ; les comburants, notamment, se rangent ailleurs, et l'INRS recommande une rétention par catégorie de produits (ED 6015).

Que vérifier sur le certificat d'une armoire ?

La référence exacte du modèle, la version de la norme (2023 ou 2004), la classe de résistance au feu obtenue, l'organisme qui a réalisé l'essai et les dates de délivrance et de validité. Pour la dérogation REI 120, un document distinct qui mentionne ce classement.

La détection de fuite est-elle obligatoire ?

Elle est l'une des trois conditions de la dérogation pour stockage en armoire (arrêté du 22 décembre 2008, point 5.3.1). Dans les textes que nous avons analysés, nous ne l'avons pas trouvée exigée pour une armoire en dehors de ce cadre ; elle reste utile pour repérer une fuite avant que la rétention ne déborde.

Sources

Informations générales ; elles ne remplacent pas l'avis de votre organisme de contrôle ou de l'inspection des installations classées pour votre site.